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Ce qu’on ne vous dit pas · · 6 min de lecture

La mousse expansive ne rend pas votre fenêtre étanche à l'air

Baie noire posée dans un mur en blocs, panneaux isolants encore emballés derrière le vitrage

Vous avez sans doute déjà vu la scène. Le châssis est posé, calé, vissé. Le poseur prend sa bombe de mousse, remplit le vide tout autour, attend que ça gonfle, coupe ce qui dépasse. Terminé. La fenêtre est « étanche ».

Sauf qu'elle ne l'est pas. Et c'est probablement l'idée reçue la plus répandue sur la pose de châssis.

Ce que fait vraiment la mousse

La mousse polyuréthane expansive est un excellent produit. Elle a deux rôles :

  • combler le vide entre le châssis et la maçonnerie ;
  • isoler ce joint pour éviter qu'il devienne un point froid.

Elle ne fait pas, à elle seule, l'étanchéité à l'air ni l'étanchéité à l'eau. Le guide officiel wallon sur le remplacement des châssis est très clair : l'étanchéité à l'air entre le châssis et la maçonnerie « est assurée par la pose continue d'une bande adhésive spéciale ».

Pourquoi la mousse ne suffit-elle pas ? Parce qu'une mousse expansée n'est jamais parfaitement continue. Elle laisse des bulles, des zones mal remplies, des décollements le long du dormant ou de la maçonnerie. Le bâtiment bouge, le bois et le PVC travaillent avec la température, la mousse se fissure par endroits. Et quand le poseur coupe l'excédent, il ouvre la peau extérieure de la mousse, plus fermée que son cœur.

Résultat : l'air trouve son chemin. Pas beaucoup à chaque endroit, mais sur le périmètre de toutes les fenêtres d'une maison, ça finit par compter.

Où fuit une fenêtre ?

Quand nous réalisons un test blower door, nous mettons la maison en dépression et nous passons le fumigène le long des fenêtres. Les fuites ne se trouvent presque jamais au milieu du vitrage. Elles se trouvent aux raccords :

  • entre le dormant (le cadre fixe) et le mur ;
  • entre le dormant et le seuil ;
  • entre le dormant et le linteau.

C'est exactement la zone que la mousse est censée « fermer ». Et c'est exactement là que la fumée est aspirée quand il n'y a rien d'autre.

Fumigène aspiré au raccord entre le dormant d’un châssis et le mur, maison en dépression

Ce qui rend vraiment un châssis étanche

Une pose correcte sépare les fonctions. Chaque produit fait une chose, et la fait bien.

Côté intérieur : l'air. Une membrane ou une bande adhésive étanche à l'air et à la vapeur, collée en continu sur le dormant d'un côté et sur la maçonnerie de l'autre. Sans interruption, sans pli, sans trou.

Au milieu : l'isolation. C'est ici que la mousse a sa place. Elle remplit le vide et limite les pertes de chaleur.

Côté extérieur : l'eau. Une membrane ou une bande pare-pluie, étanche à la pluie battante mais ouverte à la vapeur, pour que le joint puisse sécher vers l'extérieur. Certains systèmes utilisent une compribande, une mousse imprégnée qui se dilate dans le joint.

C'est le principe « plus fermé dedans que dehors ». Les fabricants l'ont décliné en systèmes complets. Chez Soudal, par exemple, SWS Inside côté intérieur et SWS Outside côté extérieur. Chez Illbruck, le système i3 répartit les trois fonctions entre la bande TP600 contre la pluie battante (étanche jusqu'à 600 Pa), la mousse FM330 pour l'isolation et la membrane ME508 pour l'air.

Marques citées à titre d'exemple, pour montrer que ces systèmes existent et sont courants.

Les autres pièges autour de la mousse

La mousse n'est pas le seul raccourci. Voici les signaux d'alerte que les guides techniques recommandent de surveiller sur votre chantier :

  • Du polystyrène ou une mousse rigide non élastique glissés autour du châssis. Ces matériaux sont à éviter pour remplir le vide : ils ne suivent pas les mouvements du châssis.
  • Une membrane percée par les pattes de fixation. Le poseur ne doit pas la traverser. Une membrane trouée, c'est une membrane qui ne sert à rien.
  • Un joint silicone de plus de 5 mm. C'est souvent le signe qu'on tente de masquer un raccord mal préparé.
  • Une quincaillerie jamais réglée. Un châssis peut être classé A4 en usine, la meilleure classe d'étanchéité à l'air, et fuir dès la première fermeture si les ouvrants ne compriment pas leurs joints.

Comment vérifier sur votre chantier

Vous n'avez pas besoin d'être du métier pour poser les bonnes questions.

  1. Avant de signer : demandez au poseur comment il traite l'étanchéité à l'air du raccord. S'il répond « avec de la mousse », vous avez votre réponse.
  2. Sur le devis : les membranes ou bandes doivent apparaître. Une pose décrite comme « fourniture et pose » sans détail ne vous dit rien.
  3. Pendant la pose : regardez si une bande est collée sur le dormant avant la mise en place, et raccordée à la maçonnerie ensuite.
  4. Avant les finitions : prenez des photos du raccord intérieur avant qu'il soit recouvert par le plafonnage.
  5. Après : un test blower door avec fumigène montre objectivement si l'air passe encore.

Pourquoi ça compte vraiment

Un raccord qui fuit, ce n'est pas seulement un petit courant d'air. C'est :

  • de l'air froid et du bruit qui entrent ;
  • de l'air chaud et humide qui sort à travers le joint, et qui peut condenser dans la maçonnerie ;
  • un résultat de test d'étanchéité moins bon, donc un calcul PEB moins favorable si vous construisez.

Dans une maison mitoyenne non isolée, la ventilation mal maîtrisée et les infiltrations représentent 20 à 25 % des pertes de chaleur, plus que les fenêtres elles-mêmes (10 à 15 %).

Autrement dit : payer pour un excellent châssis et le poser à la mousse seule, c'est traiter le petit problème et garder le gros.

Ce qu'on fait chez DI Energie

Nous posons nos châssis avec une membrane intérieure étanche à l'air, une protection extérieure contre la pluie et un isolant au milieu. Et comme nous réalisons nous-mêmes les tests blower door, nous pouvons vérifier le résultat, fumigène à la main.

FAQ

Questions fréquentes

La mousse expansive est-elle à proscrire autour d'un châssis ?

Non. Elle est utile pour combler et isoler le joint. Le problème, c'est de compter sur elle seule pour l'étanchéité à l'air et à l'eau.

Comment savoir si mes châssis existants fuient au raccord ?

Le plus fiable est un test blower door avec fumigène ou caméra thermique : en dépression, l'air entre par les fuites et elles deviennent visibles.

Une bande adhésive suffit-elle côté intérieur ?

Oui, si elle est prévue pour cet usage et collée en continu, sans interruption, sur le dormant et sur la maçonnerie. Le guide wallon parle de « pose continue d'une bande adhésive spéciale ».

Peut-on corriger un raccord mal fait sans changer le châssis ?

Souvent oui, en reprenant le raccord intérieur. C'est plus simple avant les finitions qu'après, d'où l'intérêt d'un test intermédiaire en construction.

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